Hilaire et Les Peintres Témoins de leur Temps

Christophe Berteaux

«…réunir des Artistes français et étrangers, pour susciter et exposer leurs témoignages plastiques sur les hommes et sur leur Temps…». Cet extrait des statuts de l’Association des Peintres Témoins de Leur Temps définit clairement l’objectif et l’engagement d’Isis Kischka.
Ce jeune artiste inconnu, enthousiaste, sincère et persuasif, entraîne dans son sillage des peintres tels que Fernand Léger, Marc Chagall, Henri Matisse, Marcel Grommaire, Bernard Buffet et bien d’autres encore…
En moins de trois années, Isis Kischka a réussi son pari. Le 2 février 1951, s’ouvre à Paris la première exposition des « Peintres Témoins de Leur Temps », sur le thème du travail.
L’aventure durera plus de trente ans !

Hilaire et Les Peintres Témoins de leur Temps
« C’est notre joie et ce sera notre seule fierté que d’avoir réuni les meilleurs des artistes contemporains pour leur demander à chacun, chaque année, de dire, avec leurs moyens propres, comment ils sentent, comment ils voient, comment il voudrait voir l’Homme qui est près d’eux et qui a besoin de l’artiste pour prendre conscience de la beauté qui accompagne ses gestes, pour prendre conscience de sa propre grandeur »
C’est par ces paroles qu’Isis Kischka clôtura, lors d’un vin d’honneur offert par la Municipalité de Saint-Denis, la première journée passée dans les usines.
Artistes, critiques, journalistes, photographes et personnalités entouraient le Secrétaire Général de l’Association des Peintres Témoins de leur Temps.

Isis Kischka souhaitait réunir, dès décembre 1947, des artistes français et étrangers afin de susciter leurs témoignages sur les hommes et sur leurs temps. En mai 1948, encouragé par Jean Cassou, conservateur en chef du Musée National d’Art Moderne, et Raymond Cogniat, critique et inspecteur principal des Beaux-Arts, une déclaration officielle consacrait la création de l’Association des Peintres Témoins de leur Temps.
En imposant à chaque expositions un thème différent, l’ambition des organisateurs était de redonner un sens au sujet. Ils souhaitaient également donner aux artistes une occasion nouvelle de se voir ouvrir les portes d’univers souvent inconnus ou cachés à leurs regards.

Dès 1949, le thème du « Travail » ayant été retenu, de nombreuse visites d’usines et d’ateliers furent organisées pour les artistes : Chantiers de la Loire, Verrerie Guilbert et Martin, Christofle, Fonderies de la Plaine, Centrale Electrique d’Arrighi, Abattoirs de la Villette, Usines Hotchkiss, Aéroport d’Orly, Usines à Gaz de Gennevilliers…
L’enthousiasme de tous se renouvella à chaque nouvelle visite.
Les grands aînés, Marc Chagall et André Lhote, y côtoyèrent les plus jeunes : Paul Braig, Yves Brayer, Bernard Buffet, Jean Carzou, Antoni Clavé, Francis Gruber, André Hambourg, Roger Montané, Kostia Terechkovitch, Claude Venard, Gabriel Zendel, …

La première exposition des Peintres Témoins de Leur Temps eut lieu au Musée D’art Moderne de la Ville de Paris, du 2 février au 4 mars 1951, sur le thème du « Travail », Fernand Léger ayant réalisé l’affiche.
Le succès de cette manifestation, en dehors de l’accueil fait par le public et la par la presse, fut démontré par le nombre important de toiles achetées par l’Etat.
Isis Kischka pouvait alors se réjouir d’avoir ajouté au calendrier des festivités parisiennes l’une des plus brillantes manifestations.

Témoignages de la vitalité de l’Ecole de Paris, une seconde exposition des Peintres Témoins de Leur Temps, regroupant cent artistes et ayant pour thème « Le Dimanche », eu lieu du 30 janvier au 1 mars 1953, Henri Matisse ayant réalisé l’affiche et la couverture du catalogue.
A cette occasion, le catalogue de l’exposition devient un véritable ouvrage de bibliophilie. Présentation et reproduction du travail de chaque artiste sur une ou deux pages, contributions d’écrivains dont Blaise Cendrars, Jean Giono, Jean-Paul Sartre, pages de publicités illustrées par les artistes eux-mêmes : Yves Brayer pour la Fédération Nationale des Fabricants de Cravates, Gabriel Zendel pour les Chèques de Voyages de la B.N.C.I, Edouard Goerg pour les Fourrures Weil, …

Enorme succès.
Le Salon des Peintres Témoins de Leur Temps devient annuel et la Ville de Paris lui offre le cadre prestigieux du Palais Galliera.
L’année 1954 s’ouvre sur le thème de « L’homme dans la ville »…

Camille Hilaire participa au Salon pour la première fois l'année suivante avec sa toile du "Bonheur"(1955).
Il y restera fidèle jusqu'en 1982.

(A suivre...)

LES EXPOSITIONS

1951
Le travail
1953
Le dimanche
1954
L’homme dans la ville
1955
Le bonheur
1956
Réhabilitation du portrait
1957
Le sport
1958
Les parisiennes
1959
L’âge mécanique
1960
La jeunesse
1961
Richesses de la France
1962
Routes et chemins
1963
L’événement
1964
L’amour
1965
Le pain et le vin
1966
Les français
1967
La chanson
1968
l’année 1967
1969
La recherche et les conquêtes de la science moderne
1970
Le rêve
1971
Les beautés de l’Europe
1972
Que l’homme figure
1973
La vie des choses
1974
La rue
1975
Comme il vous plaira
1976
La vie Paysanne
1977
La fête
1978
Les vacances
1980
La maison
1982
Les quatre saisons